Histoire de Vaucouleurs

Situé au croisement de routes gallo-romaines, le site de Vaucouleurs sur les hauteurs de la vallée de la Meuse, était déjà occupé à cette époque.
Citée dans l’histoire à partir du 9ème siècle, elle n’a pris de l’importance que sous la protection des Sires de Joinville.
C’est Etienne de Vaux qui fit construire à partir de 1025 un château fort sur les hauteurs de la colline surplombant la Meuse. Rasé en 1056 sur l’ordre de l’évêque de Toul, il fut reconstruit à partir de 1060 sur l’initiative de Geoffroy 1er – Sire de Joinville.
C’est au 12ème siècle que la forteresse prit son essor sous l’influence de LOUIS VI le gros. CHARLES V rattacha Vaucouleurs à la France et y nomma un Gouverneur en 1365.
Vaucouleurs resta toujours la place avancée du royaume de France et un point de rencontre avec le Saint Empire, le Duché de Lorraine et les évêchés de Toul, Metz et Verdun.
Vaucouleurs poursuivi son développement pour devenir une ville industrielle importante dans la première moitié du 20ème siècle (Textiles, Fonderies, Fours à chaux, Brasserie, Statuaire,…).

Personnalités liées à Vaucouleurs

Robert de BAUDRICOURT

Jeanne Becu - Madame du Barry

Jeanne Becu – Madame du Barry

Fils de Liébaud de Baudricourt, chevalier et chambellan du Roi, il fut nommé Capitaine de Vaucouleurs en 1415.
C’est lui qui finit par donner à Jeanne d’Arc une escorte pour qu’elle puisse se rendre à Chinon pour rencontrer le futur Charles VII.

Jeanne Du BARRY

Jeanne Bécu de Cantigny, dite Mademoiselle de Vaubernier, devenue par son mariage Comtesse Du Barry est née à Vaucouleurs le 19 Aout 1743. Dernière Maitresse de Louis XV elle fut guillotinée le 8 décembre 1793.

Joseph Boyer de REBEVAL (1768 – 1822) – Général d’Empire

Entré dans l’armée en 1787 comme canonnier, il servira Bonaparte puis l’empereur Napoléon en participant a toutes les campagnes jusqu’en 1815.Il fut nommé général de brigade le 15 janvier 1809 après la bataille d’Essling puis adjudant général de la Garde en 1811.Il fut blessé à la bataille de la Moskowa.
Son nom est gravé sur le pilier est de l’Arc de Triomphe.

Jean Baptiste PETRY (1757 – 1838)

Natif de Vaucouleurs il suivit en 1777 le Général Lafayette en Amérique.
Attaché au Ministère des Affaires Etrangères il fut Consul Général de France en Espagne puis a New-
York.

Pierre – Alexis de PINTHEVILLE (1771 – 1850)

Engagé en 1790 dans le 11eme Régiment de dragons il fut confirmé en 1815 dans le grade de Maréchal de camp. Officier de la Légion d’honneur et Baron héréditaire de l’Empire il décéda à Toul en 1850.

Cardinal LEPICIER (1863-1936)

Légat du pape aux fêtes de Jeanne d’Arc de 1929.
Jacques THUILLIER (1928 – 2011)
Historien de l’Art Français. Spécialiste de Georges de la Tour .Il fut Professeur au Collège de France.

Jacques THUILLIER (1928-2011) 

Jacques THUILLIER est connu comme l’un des plus grands historiens de l’art français du XXe siècle.
Né en 1928 à Vaucouleurs, d’une vieille famille Lorraine de Marchéville, il vit à Nevers (Nièvre) à partir de 1936. Elève à l’école normale supérieure (1951), il est professeur à la Faculté de Dijon (1962), à la Sorbonne (1970), au Collège de France (1976). Il a joué un grand rôle dans la rénovation de l’histoire de la peinture du XVIIe siècle, et il a exercé une influence considérable (il y a eu une « école Thuillier » parmi les professeurs et les conservateurs du musée). Plus philosophe qu’historien, il a tenté de donner des fondements solides à sa discipline.
Mais c’était aussi un homme d’action, il cherchait à voir « à trente ans de distance », il est à l’origine de l’école du patrimoine et de l’institut national d’histoire de l’art, et dès les années 1960, il a prôné l’utilisation massive de l’informatique pour les recherches sur les peintres.
Il avait gardé des liens étroits avec la Lorraine : il s’est passionné pour Georges de la Tour, Jacques de Bellange et les peintres lorrains. Collectionneur réputé, il a donné 80 tableaux au Musée Georges de la Tour à Vic sur Seille (Moselle), et l’ensemble de ses dessins et estampes au Musée des Beaux-Arts de Nancy (plus de 15 000 feuilles du XVI e au XXe siècle).

Henri Bataille (1908 – 2008)
Historien de Jeanne d’arc et archéologue

Sauveur des vestiges des remparts de Vaucouleurs. Il a consacré sa vie entière à Jeanne d’arc et Vaucouleurs. Souvent incompris, persécuté et considéré comme un illuminé, aujourd’hui il est oublié.

Une enfance avec Jeanne d’arc

Il naquit le 25 Septembre 1908 à Vaucouleurs, l’aîné d’une fratrie de 7 enfants. Dans une famille pieuse où les parents tiennent une boutique de souvenirs de Jeanne d’arc. Ses initiateurs seront le curé de Vaucouleurs Achille Chaupin, curé-bâtisseur  de l’église collégiale, l’historien Emile Hinzelin auteur de « Jeanne la bonne lorraine ». Le jeune Henri avait aussi une grande admiration pour son Eminence le Cardinal Lepicier.
Dans sa jeunesse il rencontre et admire un ami de son grand’père, le peintre Alfred Renaudin.

De brillantes études

Henri entre chez les Pères-Jésuites à l’institution Saint-Joseph de Reims. Ensuite il prépare une licence de lettres. Mais rompant avec ce beau parcours comme il le dira lui-même plus tard, « par nécessité d’une liberté absolue pour le sauvetage du patrimoine de Jeanne d’arc j’ai dû choisir » c’est le retour à Vaucouleurs.

Recherches historiques et archéologiques

C’est la genèse d’une grande passion pour Jeanne et Vaucouleurs la forteresse qui permit Jeanne d’arc.
A 27 ans il édite son premier ouvrage « Vaucouleurs, son histoire et son tour d’horizon ».
En 1933 il commence ses premières fouilles et sondages sur le château, avec peu de moyens.
En 1934 il crée la « Société des fouilles de Vaucouleurs » sous la présidence d’Edouard Salin et de Pierre Marot. Parmi les membres, Victor Prouvé, Msgr Charles Aimond, le Comte Jean de Pange, le Maréchal Liautey, Louis Madelin, Edmond des Roberts , le colonel Haldat du Lys…
Ces fouilles sont destinées à dégager les décombres qui recouvrent le château, où se joua le destin de Jeanne. Dégager l’ossature de la forteresse et que de tous les coins de France , l’on vienne « respirer à Vaucouleurs l’air des créneaux » comme eut dit Maurice Barrès.
Pour financer les fouilles il parcourt la France, l’Europe en faisant des conférences sur Jeanne d’arc à Vaucouleurs, plus de 3000 dans sa carrière !! Le chantier reçut des visiteurs du monde entier, c’est le rayonnement international de Jeanne et de Vaucouleurs.
En 1948, l’actrice Ingrid Bergman qui incarnait Jeanne dans « Joan of arc » de Victor Fleming, souhaite visiter les villes johanniques. À Vaucouleurs elle rencontre Henri Bataille et ses petits fouilleurs sur le chantier de fouilles.

Les petits fouilleurs d’Henri Bataille

Henri Bataille était aidé dans ses travaux par une équipe de jeunes très motivés et assidus de Vaucouleurs qu’Henri intéressait aux recherches en les formant. Créant même des vocations, tous ont conservé un excellent souvenir.

L’exil

Suite à l’interdiction de fouilles à grands regrets Henri Bataille  quitte Vaucouleurs. Henri part pour Lourdes où il devient conservateur-adjoint du musée de Tarbes. Il rentre à Vaucouleurs en 1956.

Henri Bataille

Henri Bataille

Sauvetages de tours

Dés 1965 il se lance dans la sauvegarde du patrimoine historique de Vaucouleurs. La tour Saint-Thiébaut (du Roi) est à vendre, menacée de démolition. Les Beaux Arts refusent de la classer. N’ayant pas un sou c’est la famille Talbot de Londres qui financera, il l’a connue lors de conférences en Angleterre.
La tour des anglais transformée en écurie est en péril. Henri Bataille en propose 2 millions qu’il paie avec un prêt personnel.
Henri Bataille dira de ces deux sauvetages : « je puis dire que j’ai vécu de miracle en miracle, ce n’est pas moi qui en suit la cause, c’est DIEU qui a tout fait. Le mérite sans le succès ne serait jamais découvert ».

Chefs d’Oeuvre en péril

En 1971 Henri Bataille reçoit de Jean Duhamel Ministre des Affaires Culturelles le Prix Chefs d’Oeuvre en péril. Emission-concours de Pierre de Lagarde.

Académie de Stanislas

Il était membre de l’académie de Stanislas.
Son discours de réception se nomme : « La clé du Mystère de Jeanne d’arc » et dit ensuite : « Oui d’un point de vue humain, cette épopée ne peut pas s’expliquer, car Jeanne d’arc fait des choses inexplicables. C’est tout simplement l’envoyée de Dieu ».
Il reçut de nombreuses distinctions : Chevalier de l’Ordre du Mérite, Prix Erckmann-Chatrian, Prix de la Couronne Française, Prix chefs d’oeuvre en péril, Commandeur des Arts, Sciences et Lettres, Médaille d’Or de la Ville de Nancy
Il s’éteint dans la paix le 23 Novembre 2008, il venait d’avoir 100 ans.

Son grand rêve pour Jeanne et Vaucouleurs

Il eut aussi un grand rêve, créer à Vaucouleurs un musée d’histoire digne de Jeanne d’arc. A cette fin il avait commencé à acquérir une partie de l’ancien logis du chapitre collégial du XVIIIe siècle, situé sur les lieux historiques, sur un site remarquable dominant Vaucouleurs et la vallée de la Meuse. Aujourd’hui le bâtiment est en péril suite à des pillages.
Une phrase d’Henri Bataille :
« Mon grand mérite ce n’est pas le côté archéologique et historique, c’est ma lutte contre les imbéciles qui m’a permis d’empêcher les démolisseurs de démolir »

Et bien sûr JEANNE D’ARC (1412-1431)

Tableau Scherrer - Jeanne d'arc

Tableau Scherrer – Jeanne d’arc

qui rencontra la Seigneur Robert de Baudricourt à Vaucouleurs et d’où elle prit son départ pour CHINON.
Jeanne d’Arc, née vers 1412 à Domrémy (Vosges), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l’évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19ème année, sur le bucher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d’Angleterre, est une héroïne de l’histoire de France, chef de guerre et sainte de l’église catholique, connue depuis l’époque comme la « pucelle d’Orléans », et depuis le 19ème siècle comme « mère de la nation française ».

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920. Jeanne d’Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sa fête légale et nationale établie par la loi promulguée le 10 juillet 1920 par le Président de la République Paul Deschanel est fixée au second dimanche de mai. Sa fête religieuse est fixée par l’église catholique au 30 mai, jour anniversaire de son martyre.

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